Figure Protectrice du Château

Le mascaron du château de la Chapelle, inspiré par la mythologie, symbolise la protection de la nature. Il reflète l’évolution esthétique et l’harmonie entre l’art et l’environnement à travers les siècles.

Bienvenue devant la porte d’entrée du château de la Chapelle. Levez les yeux vers ce mascaron qui surplombe l’entrée.

Une Origine Magique et Protectrice

Avant de devenir de simples éléments décoratifs qui témoignent du statut social d’une bâtisse, ces visages avaient une fonction très sérieuse. Dès l’Antiquité, et particulièrement lors de leur réintroduction à la Renaissance, ces sculptures (parfois grimaçantes) avaient un rôle apotropaïque. Leur mission était de repousser les mauvais esprits et d’empêcher les ondes négatives de pénétrer dans les foyers.

La Célébration et La Protection de la Nature

Notre figure protectrice, est inspirée de la figure du faune. Créature mythologique mi-homme mi-bouc, parfois associée au dieu grec Pan, le faune incarne la nature sauvage, la fertilité et la convivialité festive. Elle incarne parfaitement le renouveau architectural hérité du XIXe siècle, une période où l’histoire antique et le goût pour les divinités rustiques ont été magnifiés. Ces représentations étaient très prisées à cette époque pour leur lien avec l’Antiquité, l’expression de l’abondance et un esprit festif.

Pour enrichir notre parcours, il est essentiel de comprendre que cet ornement est venu d’Italie au XVIe siècle. À Paris, le célèbre Pont-Neuf en conserve le témoignage avec ses trois cent quarante-et-un masquarons grimaçants sculptés au début du XVIIe siècle.

La prochaine fois que vous viendrez y célébrer un événement le temps d’un week-end, prenez un instant pour observer ces détails architecturaux discrets qui veillent sur les lieux.

Les mascarons soutenant les corniches du pont. Source: Histoires de Paris / Les mascarons du pont neuf – Histoires de Paris

Au fil du temps, l’esthétique a considérablement évolué : les figures protectrices effrayantes de la Renaissance ont laissé place à des visages plus esthétiques et apaisés, reflétant l’harmonie entre l’art et la nature que l’on ressent dans notre château.

La présence de ces figures sur le château de la Chapelle souligne l’importance profonde de la nature dans son architecture. Cet ornement incarne non seulement un hommage à la puissance des forêts, mais sert aussi de rappel symbolique de la protection que nous devons à la nature.

Il fusionne l’art et la vie sauvage, rappelant ainsi que le château de la Chapelle est un lieu où le patrimoine et l’environnement se rencontrent en harmonie.

Journées de Patrimoine 2025 : D’ou vient Le Château de la Chapelle ?


Une Histoire de Réussite et d’Éclectisme

Le Pays d’Ouche abrite de nombreux trésors, et parmi eux, le château de la Chapelle à La Neuve-Lyre se distingue par son histoire fascinante. Loin d’être un simple monument, il est le témoin de l’ascension sociale d’un grand industriel et de l’évolution de l’architecture du XIXe siècle.

Avant l’édifice que nous connaissons aujourd’hui, la seigneurie de La Chapelle et de La Salle était la propriété de la famille DE LA VALLÉE à partir de 1651. Cette famille de la noblesse d’épée a servi le roi au sein des armées royales. Le manoir est ensuite passé en d’autres mains après la Révolution, et fut acquis par le riche négociant et marchand d’épingles Germain Honoré Baraguay, suite à son mariage.

C’est son fils, Émile Baraguey-Fouquet, qui a transformé la demeure en un véritable château. Ce personnage important de l’histoire lyroise, maire de la Neuve-Lyre de 1862 à 1895, a jugé nécessaire de vivre dans une demeure à la hauteur de son statut. Pour ce faire, il a engagé en 1876 l’architecte caennais Jacques Baumier, réputé pour son travail sur la station balnéaire d’Houlgate.

Baumier a conçu le château dans un style architectural éclectique, mélangeant différentes inspirations passées, comme le style Renaissance et le classicisme. Les couleurs des matériaux de construction, comme la brique rouge, l’ardoise bleu-gris et les céramiques orangées, contribuent à l’originalité de l’édifice. Les bustes d’un chien, d’un sanglier et d’un cerf ornent la façade du pavillon de chasse, reflétant la passion d’Émile Baraguey pour cette activité. Les grandes grilles en fer forgé des entrées, surmontées d’un « B » majuscule, rappellent le nom de son propriétaire.

Le château, classé aux Monuments Historiques, témoigne de la réussite sociale d’Émile Baraguey-Fouquet, un des plus grands capitaines d’industrie de la région. Il est considéré comme l’un des châteaux les plus remarquables de Haute-Normandie du XIXe siècle.

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